EPREUVES MARQUANTES



TIR



    La première médaille d'or va à la Suède par l'intermédiaire de Ragnar Skanaker, un jeune homme de 38 ans, à l'oeil bleu et à la moustache fine. Skanaker remporte l'épreuve du pistolet libre en saccageant la hiérarchie. Personne ne l'attendait, il ne tire que depuis 6 ans et n'était même pas sélectionné olympique de son pays aux Jeux de Mexico !


Ragnar Skanaker en pleine action.

Les trois premières médailles : l'or à Skanaker, l'argent au Roumain Dan Iuga, le bronze à l'Autrichien Rudolf Dollinger.


    Michel Carréga commence fort dans la fosse olympique.
    En finale, Michel Carréga tire ses dernières cartouches contre l'Italien Angelo Scalzone. Les deux hommes ont abordé la troisième journée de la compétition séparés par un seul point : 149-148. Il reste deux séries de 25 plateaux à tirer. Ni le Français, ni l'Italien n'en manquent un. Carréga ne peut combler son retard ; il reçoit la médaille d'argent en ayant espéré jusqu'au bout une erreur de son adversaire.



Michel Carrega offre une médaille d'argent à la France

    En carabine, le Nord Coréen, Ho Jon Li totalise 599 points, améliorant ainsi le record mondial. C'est la première grande surprise des Jeux.

    Le Français Elie Penot réalise un parcours sans faute dans cette deuxième journée de Skeet et se place second à un point de l'Allemand de l'Est Bucheim.




FOOTBALL



    Une nouvelle surprise : les Etats-Unis tiennent en échec le Maroc.
    Sous la pluie et dans le vent, la finale oppose la Pologne à la Hongrie. Malgré la présence de Dunar, déjà deux fois couronné, les Magyars s'inclinent devant la furia polonaise.



LUTTE LIBRE



    Le Français Daniel Robin, d'emblée, affronte l'un des favoris, le Bulgare Pavlov, devant lequel il cède aux points.
    Daniel Robin est éliminé par l'Américain Wells.
    Les autres Français : Toulotte, Carbasse, Grangier sont éliminés eux aussi.




BOXE



    A la salle de boxe éblouissante de blancheur, Aldo Cosentino, le meilleur boxeur français, catégorie des coqs, réussit une étonnante performance face au jeune puncheur polonais Peszpondek, l'un des favoris du tournoi. Blème d'inquiétude Cosentino ne commet pas une seule faute et bat un adversaire que sa dévastatrice puissance de frappe rend dangereux jusqu'au dernier coup de gong. Le combat se déroule à une allure folle et le public réserve à Cosentino la plus belle ovation de la soirée.
    Consternation à la boxe où Aldo Cosentino, notre meilleur représentant est éliminé au second tour par l'Espagnel Rodriguez.

    Le public s'enflamme également à l'occasion d'un match entre un Allemand de l'Ouest, Prause, et un Allemand de l'Est, Bachfeld ; match gagné bien légitimement par ce dernier.

    Notre dernier représentant, Bananier, est stoppé par l'arbitre, KO debout au 3ème round face au puncheur coréen Kin Taï Ho.


    Les Américains remportent les super-légers avec Sugar Ray Seales.

    Cuba remporte trois titres :
    Martinez remporte les poids coq.

    Corréa l'emporte chez les Welters.

    Teofilo Stevenson gagne le titre chez les lourds.




PENTATHLON MODERNE



    Gueguen s'installe "d'entrée de Jeux" dans le peloton de tête.



AVIRON



    Nos rameurs font piètre figure : sur le magnifique pland d'eau de Feldmoeching, c'est le naufrage général de nos bateaux, y compris du "huit", sur lequel on avait fondé quelques espoirs.
    7 sur 7 pour la RDA : c'est à dire qu'elle place ses 7 bateaux en finale contre 6 à l'URSS, 5 à l'Allemagne de l'Ouest et 4 aux Etats-Unis. Les Français sont loins. Seuls les vaillants Ribot et Thibaut émergent un peu mais, pour une place, manquent leur qualification.
    En finale, les 8 rameurs néo-zélandais sont vainqueurs à l'arraché des Américains et des Allemands de l'Est sur le plan d'eau de Feldmoeching.

    La RDA remporte le 2 sans barreur.

    Le 2 barré revient également à la RDA.

    Le 4 sans barreur est-allemand est sacré champion olympique.

    L'URSS remporte l'or avec le skiff.

    Le double-scull russe remporte la victoire.

    L'Allemagne fédérale remporte la médaille d'or avec le 4 barré.
    Pas la moindre trace des Français en finale.




HALTEROPHILIE



    A 15h est tombé le premier record du monde : c'est l'oeuvre d'un Birman, dans la plus légère des catégories d'haltérophilie, celle des mouches, créée justement à l'instigation des pays asiatiques qui croyaient en faire leur domaine réservé. Aung, qui ne pèse que 51 kg, a arraché 105 kg, soit 2 kg de mieux que le précédent record, mais il ne jouera aucun rôle dans le classement final, car il est faible au développé et encore plus à l'épaulé-jeté. Finalement, le Polonais Zygmunt Smalcerz, 31 ans, 1,53 m, 52 kg, se montre de loin le plus fort devant les Hongrois Lajos Szuecs et Sandor Hoezreiterr, détenteur du record du monde, mais que plusieurs saunas successifs ont considérablement affaibli. Avec 337,500 kg, Smarcerz est le deuxième champion olympique de ces Jeux de la XXème olympiade.

    La Hongrie s'impose dans la catégorie des poids coqs. Imre Foeldi, 34 ans, remporte enfin le titre après lequel il courait depuis 12 ans. Il devance le tenant du titre, l'Iranien Nassiri.

    Chonidze connait l'amertume de la défaite : la Bulgarie, qui présente une équipe magnifiquement préparée, souffle le titre des plumes au Soviétique par l'intermédiaire de Norair Nourikian qui ne se contente pas de demi-mesure : il bat le record du monde du jeté avec 157,500 kg et égale celui des trois mouvements avec 402,500 kg.

    Le Soviétique Nijgerdu Kinzihinov établit un nouveau record mondial prodigieux des légers aux trois mouvements avec 460 kg, cependant la menace bulgare se précise avec la deuxième place de Kutchev.

    La Bulgarie frappe pour la deuxième fois, dans la catégorie reine des "moyens", Yordan Bikov succède au prestigieux Kurentsov tout en améliorant le record du monde de celui-ci avec 485 kg.
    Aimé Terme, le Français, avec 425 kg se classe 15ème.

    Les Bulgares Nikolov et Chopov prennent les deux premières places en lourds-légers.


    A la salle d'haltérophilie, la voix d'Oscar State, secrétaire général de la Fédération Internationale d'Haltérophilie, se brise soudain. L'émotion est trop forte ; elle étreint tout le public présent dans cette salle modeste où une minute est demandée à la mémoire des haltérophiles israéliens assassinés la veille par les feddayins : Zeev Friedman (28 ans), Josef Romano (33 ans), David Berger (28 ans) ne sont plus là, mais on ne cesse de penser à eux et à leurs camarades disparus tout au long de cette dernière soirée d'haltérophilie qui marque la reprise des compétitions olympiques.
    Contrairement à ce qui est attendu, le colosse soviétique Vassili Alexeiev n'a pas à se surpasser pour enlever le titre des "super lourds". Mang, le jeune Allemand rate son pari. Avec 610 kg il reste loin de son record et Alexeiev avec 640 kg réussit tranquillement à garder son sceptre, celui de l'homme le plus fort du monde.




NATATION



    Avec la natation s'ouvre le coeur des Jeux. Dès le matin un record du monde a été accroché par les Américains qui ont égalé leur meilleur temps du 4x100 m.
    Mark Spitz, impassible, est revenu en compagnie de ses coéquipiers Edgar, Murphy et Heidenreich pour disputer la finale du 4x100 m. L'URSS prend d'abord l'avantage grâce à Bure, qui améliore en 52"26 le record d'Europe. Mais Murphy et plus encore Heidenreich, qui couvre son parcours en 50"8, font la différence avec les Russes. Quand Spitz plonge à son tour, la décision est faite, ce qui n'empêche pas ce fabuleux battant d'aller jusqu'au bout de son effort où l'attend un titre olympique et un prestigieux record du monde, 3'26"4, soit une moyenne ahurissante par nageur de 51"6.
    Le "Star Spangled Banner" retentit sous le toit de la piscine.

    Mark Spitz démontre que la piscine est ultra-rapide dès le plongeon de la première des 7 finales qu'il entend disputer, le 200 m papillon.
    Il a course gagnée dès la deuxième longueur de bassin et son rival le plus direct l'Allemand Fassnacht est déjà à 2 m. 57"79 aux 100 m.
    Le but de Spitz est de descendre sous les 2' aux 200 m papillon. Ses ultimes 50 m sont fabuleux, malgré une perte de vitesse sensible dans les dernières brassées. Spitz touche à 2'00"70. Il a le temps de se retourner pour voir arriver à sa gauche son ami Hall, 2ème en 2'2"86. Jamais depuis que le papillon existe aux Jeux, un 200 m n'a été gagné aussi largement. Backhaus complète le succès des Etats-Unis. 3 bannières étoilées au mât central : les Etats-Unis en font déjà voir 36 chandelles à leurs adversaires.


Mark Spitz fonce vers la victoire en battant le record du monde du 200m papillon.

Les trois médaillés du 200m papillon.


    L'Australienne Shane Gould surgit dans la dernière longueur du 200 m 4 nages et ravit à l'Américaine Vidali une victoire que cette dernière croyait déjà tenir, en battant de surcroît en 2'23"07 le record du monde.



Heureuse, l'Australienne Shane Gould montre à la foule sa mascotte auquel elle dédie sa brillante victoire au 200m 4 nages.

    Sur 100 m nage libre, Shane Gould n'a pu empêcher Sandra Nielson de prendre le large et de l'emporter, à la surprise générale, devant une autre Américaine en 58"59 soit à 9/100ème du record mondial.

    Pour Spitz, le moral est au beau fixe. Le 200 m nage libre n'est qu'une formalité de plus pour lui. A côté de sa ligne se trouve son camarade Genter, tout droit sorti de l'hôpital où on l'avait placé en observation pendant près d'une semaine pour un point de pneumonie. Spitz se permet même au cours de cette course, à l'issue de laquelle il remporte sa 3ème médaille d'or, de faire place à la tactique. Il laisse mener son compatriote au crâne rasé jusqu'aux 100 m, atteints en 54"93 et même encore jusqu'aux 150 m, avant de l'ajuster dans la dernière longueur de bassin, pour terminer en 1'52"78 soit 7/10ème de mieux que son précédent record du monde. Genter est à 1", vient ensuite l'Allemand Werner Lampe qui améliore le record d'Europe en 1'53"99.



Steve Genter exulte après sa brillante seconde place obtenue derrière l'intouchable Mark Spitz en finale du 200 m nage libre.

    Roland Matthes est revenu 4 ans après Mexico défendre son titre sur 100 m dos. Matthes se permet lui aussi certeines fantaisies, histoire sans doute de donner plus de prix à sa victoire. Pendant 50 m, il consent à rivaliser avec l'Américain Ivey, puis l'étonnante machine se met en route, creuse un sillon plus profond, et se détache. Matthes touche au but en 56"58, soit à 3/10ème du record mondial. Pas de surprise donc sur 100 m dos.

    Dans le 200 m brasse dames, la Soviétique Galina Stepanova qui avait été sacrée championne olympique sous son nom de jeune fille, Prozumenchikova, en 1968, a pris le large. Aux 150 m elle paraît avoir définitivement course gagnée ; elle possède deux bonnes longueurs d'avance sur ses plus proches rivales. Mais soudain, de l'autre côté de la piscine surgit une Australienne relativement peu connue, Beverly Whifield qui coiffe Stepanova sur le fil.

    Shane Gould remporte le 400 m. En 4'19"04, elle bat son record du monde de plus de 2". Derrière Gould, confirmation de la gentille Italienne Novella Calligaris qui améliore pour la deuxième fois au cours de ces Jeux Olympiques son record d'Europe en 4'22"44.

    Le Suédois Gunnar Larsson enlève le 400 m 4 nages. L'Américain Alexander McKee a failli battre Larsson : McKee mène depuis longtemps mais Larsson, dans le dernier parcours en crawl, revient comme une fusée. A l'arrivée les regards se portent sur le panneau électronique, les deux hommes ont nagé dans le même temps très exactement au centième de seconde près 4'31"98 !
    Le Suédois est déclaré vainqueur pour 2/1000ème de secondes. A l'allure où ils ont nagé, cet écart chronométrique se traduit par moins d'un millimètre. Un millimètre entre l'or et l'argent, un millimètre entre la joie et la peine...après 400 m de course

    Le Japonais Nobutaka Taguchi remporte le 100 m brasse.

    Le 4x100 m dames américain avec Neilson, Kemp, Barkman et Babashoff enlève le titre olympique et, bien sûr, le record du monde en 3'55"19 devant l'obstinée Allemagne de l'Est et l'Allemagne de l'Ouest.

    Le relais 4x200 m, que Spitz nage en compagnie de Kinsella, Tyler et Genter donne à Mark Spitz sa quatrième médaille d'or olympique.

    A ses premières médailles d'or, Mark Spitz ajoute celle du 100 m papillon.
    C'est une démonstration. Le Canadien Robertson est à plus d'une seconde.
    Spitz devient donc, en ce 31 Août, le premier compétiteur des Jeux Olympiques modernes à gagner cinq médailles d'or au cours des mêmes Jeux. Et pourtant ce n'est pas fini ; c'est 7 médailles que vise Mark Spitz.

    En 2'3"6, Shane Gould enlève sur 200 m sa troisième médaille d'or des Jeux Olympiques. 2'3"6, nouveau record du monde. Derrière Gould, Babashoff et Rothammer, les deux Américaines, réduisent également en poussière l'ancien record du monde qui était déjà la propriété de Gould en 2'5"2.

    Dans le 400 m, on s'attend à voir tomber enfin ce fameux mur des 4'. Course superbe lancée par Lampe et Cooper. McBreen veut attaquer mais il craque aux 250 m. Genter lui ne peut accrocher le peloton de tête dans lequel l'Américain Rick De Mont, nageur de précision, se heurte à l'Australien Cooper. De Mont, 16 ans seulement, est à coup sûr le nageur le plus élégant des Jeux Olympiques. Les deux hommes d'un même élan se jettent sur le mur. Et pour un centième de seconde seulement, la parole reste au styliste ; en 4'0"26 DeMont est champion olympique devant Cooper. Le mur des 4' tient toujours mais la lutte fut si belle.

    Autre course magnifique : le 100 m papillon dames. Au 20 m de l'arrivée, les 8 finalistes peuvent toutes espérer vaincre. C'est alors qu'une Japonaise, Mlle Mayumi Aoki, jaillit et l'emporte brillamment.

    Petit drame chez les Françaises où Sylvie le Noach craque complètement. Elle ne termine que 18ème des séries du 100 m dos en 1'9"2, temps qui d'ordinaire ne représente pour elle qu'"un temps de passage" au cours d'un 200 m. Elle pleure Sylvie :
    "Je sais maintenant ce que c'est que d'être paralysée par le trac et d'avoir les jambes tremblantes." dit-elle.

    En finale, c'est Melissa Belote qui se voit sacrée reine du 100 m dos en 1'5"78.

    Roland Matthes n'a pas pu se dépasser lui-même bien qu'il ait laissé l'Américain Mike Stamm a plus d'une seconde sur 200 m dos.



L'Allemand Roland Mathes au cours de la finale du 200 m dos qu'il a remporté devant deux Américains

    L'Américain John Hencken a dominé largement le 200 m brasse en 2'21"55, nouveau record du monde.

    L'Américaine Catherine Carr remporte le 100 m brasse devant la Soviétique Galina Stepanova.

    Hall et McKee se sont inclinés une nouvelle fois devant le Suédois Gunnar Larsson qui, en 2'7"17, a amélioré le record du monde du 200m 4 nages.

    Shane Gould n'a pas réussi la passe de quatre, elle a été distancée par la Californienne Keena Rothammer qui, en 8'53"68, s'est adjugée le record mondial du 800 m.

    Les filles américaines se sont distinguées dans le relais 4x100 m 4 nages. Beldi, Carr, Deardruff et Neilson ont laissé à près de 4" les Allemandes de l'Est, en 4'20"75, record du monde battu, bien entendu.

    Mark Spitz s'attaque à sa 4ème médaille d'or individuelle, dans la course reine de la natation : le 100 m nage libre.
    Son compatriote Heidenreich, qui a les dents longues, le contraint à un départ rapide. Spitz vire donc en tête aux 50 m et revient vers son point de départ de sa nage harmonieuse, accentuant progressivement la cadence afin de compenser la perte de vitesse due à la longueur de l'effort. Heidenreich est lâché à 30 m du but.
    En 51"22, Spitz améliore son propre record mondial de 3/10ème.
    Ainsi Mark Spitz a pratiquement gagne son pari. Le voici désormais, avec les relais, nanti de 6 titres et l'on sait que le 7ème ne lui échappera pas...



Spitz impérial

    A l'issue du relais 4x100 m 4 nages, la 7ème médaille d'or est passée autour du cou de Mark Spitz par le roi Constantin de Grèce.
    Dès la mi-parcours, les Etats-Unis se sont détachés. Au 3ème relais, "en papillon", Spitz se contente de 54"3 pour passer le relais à Heidenreich avec une belle avance.



Spitz établit son 7ème record.

    L'Américaine Karen Moe remporte le 200 m papillon.

    L'Américaine Belote s'adjuge le 200 m dos.

    L'Américain Mike Burton est sacré sur 1500 m. Northway termine 3ème.




PLONGEON



    Micky King, une charmante américaine, s'impose au plongeon du tremplin.



GYMNASTIQUE



    Les Russes alignent trois fées qui tiennent 10 000 personnes sour leur charme : Tamara Lazakovitch, Ludmilla Turitcheva et surtout Olga Korbut. Elle n'a que 16 ans et déjà s'impose comme la grande étoile de demain. Les Allemandes de l'Est, malgré la prestigieuse Karin Janz, sont largement distancées.


Olga Korbut salue le public qui a assisté au triomphe des Soviétiques dans l'épreuve de gymnastique par équipes.

    Les gymnastes japonais, Kato, Kenmotsu, Kasamatsu, Tsukahara, Nakayama et Okamura surclassent les Soviétiques comme ils ne l'avaient encore jamais fait aux Jeux depaus 12 ans.

    Au concours général, c'est un festival de la Soviétique Ludmilla Tourischeva. Le public a cependant pris fait et cause pour sa minuscule compatriote Olga Korbut. Elle mène tambour battant à l'issue des mouvements au sol et au saut, mais elle "accroche" aux barres assymétriques et une note de 7,50 sans appel la relègue au fin fond du classement. Olga fond en larmes et ni son entraîneur, ni l'Allemande de l'Est Erika Zuchold ne peuvent la consoler. Soudain, depuis les tribunes, un spectateur, bravant toutes les polices accumulées, vient offrir à Olga un bouquet de fleurs séchées. Le visage ruisselant de larmes, la petite Soviétique se dresse, son bouquet à la main, et reçoit des 11 000 spectateurs entassés, la plus formidable ovation qu'un sportif puisse recevoir.
    Loin de tout ce romantisme, Ludmilla Tourischeva sait que c'est à elle maintenant de supplanter la "diva" Korbut. Pour quelques instants elle abandonne son côté glacial pour se lancer dans un ballet inoubliable qui lui vaut un 9,90, c'est-à-dire la plus haute note accordée à ces Jeux Olympiques.
    Les juges n'ont pas osé lui accorder 10 tout simplement parce qu'on pense qu'en gymnastique on n'atteint jamais la perfection.



Aussi gracieuse qu'une ballerine, la Soviétique Ludmilla Tourischeva, championne olympique du concours complet de gymnastique

    C'est la grande revanche de l'enfant chérie Olga Korbut.
    A la poutre sa démonstration est étincelante : 9,90.



Agile et souple, la jeune gymnaste soviétique Olga Korbut a remporté la médaille d'or à la poutre.

    Olga Korbut renouvelle son exploit au sol en obtenant un deuxième 9,90 et une deuxième médaille d'or pour cette créatrice géniale et cabotine.

    Au concours général individuel, la beauté est présente partout et les spectateurs retiennent leur souffle, surtout lorsque Andrianov, Klimenko ou Kato, Nakayama ou Tsukahara entrent en scène.




CANOE-KAYAK



    La RDA remporte les deux titres attribués en ce 28 Août.
    Le kayak individuel en slalom est remporté par Siegbert Horn.

    Le canadien individuel en slalom revient à Reinhard Eiben.

    Les Français Louis et Jean-Claude Obry enlèvent la médaille de bronze dans le slalom du canoë biplace. Sur la plus haute marche, impassibles, les Allemands de l'Est Hoffmann et Amend.




CYCLISME



    Dans le 100 km sur route par équipes contre la montre, l'URSS remporte le titre avec 30" d'avance. La faillite des Français est totale ; ils finissent à la 18ème place.


La première médaille décernée en cyclisme est revenue aux Russes, vainqueurs du 100 km contre la montre par équipes.

    Pierre Trentin, champion olympique à Mexico du kilomètre départ arrêté ne peut renouveler son exploit. Il doit se contenter de la 10ème place cédant son sceptre au Danois Niels Freborg.

    Morelon, imperturbable, aligne les victoires tandis que Quityn se "laisse rouler" par le Danois Freborg et le Tchèque Kucinek dans les repéchages.
    Daniel Morelon mate, non sans difficulté, l'Australien John Nicholson. Plus expérimenté, le tenant du titre de la vitesse, remonte son adversaire dans la première manche, mais il doit attendre le verdict de la photo-finish dans la seconde après avoir été surpris par son rival à 250 m de l'arrivée. La force tranquille de Morelon en font l'une des figures dominantes de la délégation française. Il sera hélas le seul à faire retentir la Marseillaise à Munich...



Daniel Morelon remporte la première médaille d'or française

    Le tandem Trentin-Morelon laisse le titre aux Soviétiques et échoue même face aux Polonais.

    Dans la course sur route, Ovion, notre grand espoir du cyclisme est resté passif pendant la course. Le titre revient à Hennie Kuiper.

ESCRIME



    En fleuret individuel, le Français Christian Noël est en finale avec deux Polonais Woyda et Drabowski, un Hongrois Kamuti, un Soviétique Demisov et un Roumain Tiu.
    Des six hommes en présence le Français est le meilleur technicien et le tireur qui pratique les plus belles armes. Il a survolé les demi-finales remportant 5 victoires en 5 assauts.
    Malheureusement on se rend compte dès la présentation des finalistes que Noël, le longiligne, est confronté à 5 petits gabarits. Or Noël a horreur de ce genre de tireurs.
    D'entrée de jeu Noël subit trois défaites. Mais par un sursaut dont on ne le croyait plus capable il parvient à gagner ses deux derniers assauts et à enlever la médaille de bronze derrière Jeno Kamuti, médaille d'argent et le Polonais Witold Woyda, médaille d'or.

    Au sabre, les Français saluent l'apparition de Bonnissent, 5ème, un jeune de très grand avenir, encore un peu tendre à Munich toutefois pour s'imposer aux ténors soviétiques et hongrois. Le Russe Viktor Sidiak gagne l'épreuve.



Explosion de joie du Soviétique Victor Sidiak.

    Au fleuret par équipes, nos compatriotes prennent un départ tonitruant conte les Roumains grâce surtout à Gilles Berolatti, qui, magistral, aligne quatre victoires. Demain, ils trouveront les Soviétiques sur leur route vers la finale. De l'autre côté ce sont les Polonais et les Hongrois qui vont se retrouver face à face.
    En finale, les fleurettistes français remportent le bronze. Ne faisant pas tirer Magnan, les Français Revenu, Noël, Talvard et Berolatti se sont inclinés en demi-finale face aux Soviétiques par 6 victoires à 9. Ce fut une très courte défaite puisque sur 9 victoires les Russes en remportent 3 par 5 à 4.
    La controverse s'engage autour de l'absence de Magnan.
    Les Polonais, qui craignaient d'avantage les Français que les Soviétiques, en profitent pour empocher le titre grâce à un extraordinaire Woyda.
    Pour la 3ème place, Jean-Claude Magnan est rentré face aux Hongrois. Ses 4 victoires sont décisives.

    Brodin et Ladegaillerie se qualifient pour les demi-finales à l'épée au terme d'un éprouvant marathon.


    L'épéiste Jacques Ladegaillerie gagne la médaille d'argent derrière le Hongrois Fenyvesi.



YACHTING



    4 des 5 bateaux français se classent parmi les cinq premiers au terme de la deuxième régate et occupent une confortable position d'attente.
    Les frères Pajot remontent à la deuxième place en Flying Dutchman et remportent une médaille d'argent.


    Les frères Pajot

    Serge Maury remporte l'épreuve de Finn.



    Serge Maury remporte la médaille d'or.

    Le Guillou se classe 5ème en Soling

    Troupel-Devillers, 7ème en tempest, restent bien placés à 3 régates de la fin.




JUDO



    8 ans après le géant Anton Geesink, un autre Hollandais, Wilhelm Ruska, est champion olympique. Contrant une attaque portée par l'Allemand Glahn, Ruska réussit un superbe Harai-Goshi qui cloue son adversaire au sol après 1'43" de combat seulement devant un public médusé. Le Français Brondani prend une bonne 5ème place ce qui, en catégorie poids lourds, est plus qu'honorable.

    Coup de théâtre dans les mi-lourds dès le deuxième tour de la poule éliminatoire. Le Japonais Sasahara, considéré comme inabordable est très proprement projeté en 5'10" par le Soviétique Chochosvili.
    Chochosvili sur sa lancée est champion olympique, laissant sur sa route le Français Albertini.

    En catégorie des poids moyens, le Français Jean-Paul Coche est monté sur le podium pour recevoir la médaille de bronze dans une épreuve dominée par le Japonais Sekine. Ivre de fatigue après 5 combats épuisants, Coche a tenté le tout pour le tout contre le Coréen Oh, vainqueur en éliminatoire du futur champion olympique Sekine ; mais il fut contré dans sa tentative, plus par son extrême lassitude que par le talent de son rival.

    Médaille de bronze pour Jean-Jacques Mounier. Il espérait l'argent mais il s'est présenté pour son cinquième combat de la journée contre le Mongol Buidaa dans un tel état d'épuisement qu'il ne pouvait plus humainement, faire mieux.


    En "toutes catégories", un Français, Brondani, parvient en demi-finale. Il tombe face au Hollandais Ruska, non sans le mettre en péril. Ruska rencontre le Soviétique Kuznetsov en finale. Ruska attend l'ouverture pour une prise précise, jette à terre le Soviétique et l'immobilise pendant 30".



BASKET



    Dans une ambiance fantastique, les Brésiliens se qualifient in extremis pour les demi-finales en arrachant par 83-82 un succès que les Tchèques contestent jusqu'au bout.
    En finale, on pense que les Américains vont, malgré leur relative faiblesse, s'imposer nettement aux Soviétiques. C'est mal connaître les Russes qui livrent le match de leur vie, se battent sur toutes les balles et prennent l'avantage à la marque dès les premières secondes. Les Américains accumulent les maladresses, ratent leurs tirs à qui mieux mieux. A 3" de la fin, les Soviétiques mène d'un point 49-48 ; mais l'Américain Collins bénéficie de deux coups francs à la suite d'une faute grossière de Sakandelidze. Il les réussit et, pour la première fois de la partie, les Etats-Unis prennent l'avantage de la marque 50-49.
    Les Soviétiques remettent alors en jeu sur leur ligne de fond et le chronomètre arrive sur la dernière seconde, lorsque l'on voit M. Jones, secrétaire général de la Fédération Internationale de Basket-Ball, s'avancer en tendant trois doigts vers la table des marqueurs, tandis que le manager soviétique Kondrachine se précipite ves l'arbitre brésilien Righetto pour lui signaler qu'il a demandé un temps mort et que personne ne l'a entendu. Sur l'insistance de M. Jones, et malgré les protestations des Américains, le temps morte est accordé. Les Soviétiques remettent une fois encore la balle en jeu. Mais les 2" déjà jouées n'ayant pas été décomptées sur le chronomètre, le signal de fin de partie retentit aussitôt. Déjà le public a envahi le terrain et les Américains célèbrent leur succès si difficilement acquis. Tout n'est pas fini cependant : M. Jones intervient une nouvelle fois pour demander un retour en arrière du chronomètre, exactement à 3". Alors que les Américains ne paraissent pas très bien comprendre ce qui leur arrive, sur une longue passe de Palauskas, la balle traverse le terrain, pour aboutir dans les mians d'Alexandre Bielov qui inscrit un panier, pratiquement sans opposition. 51-50 pour les Russes.
    Ainsi s'achève dans la plus grande des pagailles une finale que les Américains n'ont pas su contrôler. Longtemps après le match, jusqu'à 5h du matin, le jury d'appel discute sur la décision à prendre. Elle n'est rendue publique que le lendemain à 14h ; le résultat demeure inchangé. Les Américains décident de ne pas se présenter à la cérémonie protocolaire.




EQUITATION



    En jumping individuel, sur un parcours très sélectif, l'Italien Mancinelli, montant "Ambassador" est venu à bout de l'Allemand Ligges au terme d'un barrage.



    Equipe très homogène, d'une régularité sans faiblesse, l'Allemagne de l'Ouest enlève, chez elle, la médaille d'or du jumping par équipes devant les Etats-Unis et l'Italie.



SOUDAIN L'HORREUR






LUTTE GRECO-ROMAINE



    Daniel Robin, après avoir réussi un tombé, est tenu en échec.



VOLLEY-BALL



    En finale, les Japonais affrontent les Allemands de l'Est qui ont sorti l'URSS. Après un étonnant récital de passes, de bonds, de plongeons, les Nippons disposent de la RDA après un match qui, pendant près de 3h, a subjugué les spectateurs.


    Les Japonais, grands maîtres du volley.



HOCKEY SUR GAZON



    Les Pakistanais ne sont pas contents et ils le montrent. La finale du hockey, qui les a opposés à l'Allemagne Fédérale, n'a été qu'une longue suite d'altercations, de coups échangés dans le dos d'un arbitre manifestement dépassé par les événements. Les Allemands ont marqué un but surprise en seconde mi-temps ; les Pakistanais, malgré leur forcing incessant, n'ont jamais pu égaliser.
    L'affaire en resterait là et les journalistes se contenteraient de commenter cette surprise si les Pakistanais ne décidaient de manifester publiquement leur désapprobation et leur mauvaise humeur sur le podium.
    M. Brundage, qui n'aime pas les manifestations sur le podium, brandit les foudres olympiques. Le Comité Exécutif du CIO disqualifie à vie les joueurs pakistanais. La clémence n'est pas le sentiment dominant du CIO qui accomplit ainsi un nouveau pas dans l'escalade de la répression olympique.




HANDBALL



    La finale oppose deux démocraties populaires : contre toute attente, la Yougoslavie dispose de la Tchécoslovaquie par 21 à 16.

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