La Grande-Bretagne, la Suède et l'Allemagne se distinguent dans les épreuves d'équitation au contraire de la France qui joue de malheur. En effet, le capitaine Lefrant arrive trop tard pour prendre le départ de la première épreuve du concours complet.
Petrus Kastenman triomphe au concours complet individuel.
La Grande-Bretagne remporte le titre du concours complet par équipes.
Henry St-Cyr est sacré en dressage individuel.
La Suède monte sur la plus haute marche en dressage par équipes ; non sans que de graves contestations ne s'élèvent entre les juges.
Hans-Günther Winkler triomphe en jumping individuel
L'Allemagne est sacrée championne olympique de jumping par équipes.
Au cours de l'olympiade 1952-1956, un important changement s'est produit : l'adoption du contrôle électrique, prôné par les Italiens, est devenue effective.
En France, on craint que le fleuret ne devienne qu'assauts confus. Christian d'Oriola le premier s'est rebellé contre cette modification qu'il juge contre l'esprit des armes.
Les Français sont battus dans le tournoi par équipes de fleuret par les Italiens 9-7.
Le tournoi par équipes à démontré que d'Oriola, bien préparé, peut encore tenir le haut du pavé. Il s'en est fallu d'un rien d'ailleurs pour que les Français ne battent les Italiens en finale. Il aurait suffi que Netter prenne le meilleur sur Spalino dans le dernier match. Or Netter succombe d'une touche, 4-5.
Dans le tournoi individuel, deux Français sont en finale : D'Oriola et Netter. Netter joue le jeu, comme c'est l'habitude, face à son compatriote. Crédité d'une victoire, d'Oriola doit affronter la coalition étrangère. Nerveux, saccadé, peu sûr de lui, il s'incline devant l'Italien Bergamini. Par Chance, ce même Bergamini est battu par le Britannique Jay. Le mot de la fin revient à Netter qui tire cintre Bergamini dans l'ultime match du tournoi. Christian d'Oriola devient champion olympique, mais il n'a pas voulu voir son destin se jouer devant lui sans son intervention personnelle.
Le tournoi d'épée par équipes est enlevé par l'Italie qui devance la Hongrie après avoir surclassé la France 15 à 1.
L'escrime se poursuit avec l'épée individuelle. L'Italie y trouve de nouvelles raisons de pavoiser : le trio Carlo Pavesi, Giuseppe Delfino et Eduardo Mangiarotti y truste les médailles. Le Français Queyroux se classe 6ème.
Encore et toujours la Hongrie au sabre.
Rudolph Karpati est champion devant le Polonais Jerzy Pawlowsky.
Par équipes, l'inamovible Aladar Gerevitch participe une nouvelle fois au succès de la formation magyare.
L'haltérophilie s'achève sur un court succès américain : 4 victoires contre 3 aux Soviétiques.
Le Russe Fyodor Bogdanovsky remporte les moyens avec 420 kg.
L'Américain Tommy Kono est une nouvelle fois couronné avec 447,500 kg.
Un Français monte sur le podium : Jean Debuf qui enlève la médaille de bronze dans les lourds-légers. C'est le Soviétique Arkady Vorobiev qui remporte l'épreuve.
L'aviron se déroule devant 35 000 spectateurs au Lac Ballarat à 125 km de la Cité olympique, sous le signe du vent.
En skiff, Vyacheslav Ivanov remporte la première de ses 3 victoires olympiques avec 5" d'avance sur l'Australien Stuart McKenzie qui a été en tête de l'épreuve jusqu'à quelques encablures de l'arrivée.
Les Etats-Unis n'ont pas fait le détail devant l'URSS. Cette fois, ils ont imposé leur virtuosité en marquant 89 points tout en n'en concédant que 55. Bill Russel a été le roi du terrain, malgré le géant russe Krouminch dont les 2,18 m n'ont pas suffi. Les Français terminent 4ème. Ils sont battus d'assez peu par l'Uruguay pour la médaille de bronze, 71-62.
La boxe tourne à l'avantage des Soviétiques : 3 victoires contre 2 aux Américains et 2 à la Grande-Bretagne.
Dans les super-welters, un prodigieux combattant du ring enlève sa 3ème médaille consécutive : le Hongrois Laszlo Papp.
La natation remplit les Australiens de fierté.
Dans le 100 m masculin et féminin, ils occupent les 3 places du podium.
Le 100 m messieurs est marqué par un splendide duel entre John Devitt et John Henricks. Mieux parti, Henricks résiste au retour de son compatriote établissant un nouveau record en grand bassin : 55"4.
Le demi-fond est l'apanage exclusif de Murray Rose qui n'a pas encore 18 ans.
Le 400 m, d'abord, lui revient après qu'il ait laissé mener le Japonais Yamanaki et l'Américain Breen. Rose attaque aux 200 m et l'emporte de loin en 4'27"3.
Le 1500 m est plus disputé. On le croit promis à Breen qui a réussit le meilleur temps en séries, 17'52"9, nouveau record du monde. Mais la finale tourne bientôt au désavantage de l'Américain. Aux 800 m, il n'est déjà plus dans la course quand Rose accélère et creuse rapidement l'écart. Un formidable retour de Yamanaki n'empêche pas le triomphe de l'Australien.
Le 4x200 m, 3ème titre pour Rose, ne réserve pas le même suspense. En 8'36"6, O'Holloran, Devitt, Rose et Henricks surclassent non seulement les Américains mais établissent un nouveau record mondial.
Au 100 m dos, David Theile s'assure une difficile victoire en 1'02"2 devant son compatriote Monckton. Le Français Robert Christophe se classe 4ème.
Il reste au Japon et aux Etats-Unis la brasse et le papillon désormais séparés.
Chez les femmes, le 100 m nage libre met aux prises deux championnes d'exception : Lorraine Crapp et Dawn Fraser. En série, Dawn a égalé le record mondial de Lorraine en 1'2"4. En finale, Dawn mène toute la course et termine en 1'2"1, nouveau record. Lorraine Crapp est à 3/10ème.
Lorraine Crapp a cependant sa revanche dans le 400 m qu'elle arrache à sa rivale en 4'54"6 après l'avoir lâchée dès la mi-course.
Le 4x100 m ne peut évidemment pas échapper aux Australiennes. Fraser, Leech, Morgan et Crapp réalisent 4'17"1, encore un record du monde.
La jeune Britannique Judy Grinham l'emporte d'une main dans le 100 m dos, en 1'12"9.
La brasse revient à l'Allemande Ursula Happe.
Le papillon est remporté par l'Américaine Shelley Mann.
Les Américains se distinguent dans les plongeons féminin où la brillante Pat McCormick conserve les deux titres qu'elle avait remportés en 1952 à Helsinki.
Le water-polo fait recette. Il est vrai qu'après la victoire de la Hongrie sur la Yougoslavie, puis de la Yougoslavie sur l'URSS, la rencontre Hongrie-URSS est une affiche d'autant plus spectaculaire que la presse internationale est pleine de récits des tous récents événements de Budapest. De plus les premiers réfugiés maguars commencent à débarquer à Melbourne. Dans la piscine, il n'y a pas le moindre suspense : les Hongrois largement supérieurs aux Russes s'en donnent à coeur joie. Ils mènent rapidement 4-0. Soudain, un Soviétique porte un violent coup de tête à un Hongrois, sans raison apparente. Le match se termine en pugilat général.
Le cyclime commence bien pour la France. Michel Rousseau, phénomène de puissance, se joue de tous ses adversaires.
Pourtant dans la première manche de la finale, à 40 m du but, l'Italien Gugliermo Pesenti paraît avoir gagné. Mais soudain, Rousseau passe la vitesse supérieure. Son sursaut le porte en quelques coups de pédale à la hauteur de Pesenti qui voit surgir un bolide à ses côtés. Rousseau gagne alors qu'on le croyait irrémédiablement battu.
Dans la seconde manche, Pesenti n'y croit plus. Il ne tente rien car il ne peut plus rien contre ce garçon de 20 ans.
Quelques jours plus tard une deuxième médaille d'or reviendra à la France dans la course sur route par équipes. Geyre, Moucheraud et Vermeulin s'imposent aux autres formation.
Dans la course sur route individuelle, Armand Geyre obtient la médaille d'argent qui aurait pu se transformer en or si le jury avait fait preuve de plus de sévérité à l'encontre de l'Italien Ercole Baldini. En se collant derrière une voiture de la télévision australienne, Baldini a pris 3'47" à ses rivaux.
L'Italie remporte le kilomètre contre la montre grâce à Leandro Faggin.
La poursuite par équipes revient également à l'Italie.
La gymnastique, qui déroule ses fastes sur 4 jours, est un admirable spectacle qui subjugue les foules australiennes.
Chez les dames, les Soviétiques Larissa Latynina, Sofia Muratova et Polina Asthakova n'ont qu'une rivale dangereuse : Agnes Keleti, une Hongroise de 25 ans qui, aux différents appareils, fait jeu égal avec les Russes.
Agnès Keleti termine ex-aequo avec Larissa Latynina dans les exercices au sol.
Au concours général, Larissa Latynina devance d'un rien Agnès Keleti.
Sur le podium, Keleti demeure longtemps immobile, aux côtés des Russes ; puis elle se tourne vers Latynina et lui tend la main en souriant. Qui aurait pu oublier en cet instant que Keleti avait appris quelques jours plus tôt la mort de sa mère au cours des combats des rues de Budapest.
Chez les hommes, la suprématie soviétique est également contestée. L'étoile du Japon monte à une vitesse vertigineuse. Takashi Ono termine à 5/100ème seulement de Viktor Chukarine au concours général individuel.
Par équipes, le Japon ne concède qu'un point et demi aux Russes.
La baie de Port-Philipp est le théâtre des épreuves de yachting. Des vagues de 3 à 4 m bouleversent parfois les hiérarchies.
Ces péripéties n'empêchent cependant pas le Danois Paul Elvstroem de s'illustrer une fois encore en solitaire. Il en est à sa troisième victoire.
Plus près de Melbourne, le tir est marqué par un exploit sans précédent : le Canadien Gérard Ouelette obtient un maximum, 600 points à la petite carabine.
L'URSS bat difficilement la Yougoslavie, notamment grâce à Lev Yachine.
Pour la première fois dans l'histoire des Jeux, le défilé de clôture devient une fête de la jeunesse. Le Baron de Coubertin aurait aimé ce final au cours duquel les équipes de 67 nations effectuent un tour de piste sans emblêmes, ni drapeaux, mêlées, confondues.