Les Soviétiques triomphent, en ce 21 Juillet, en gymnastique. Victor Chukarin, vainqueur du concours général devant son compatriote Grant Chaguinian, fait sensation par sa maîtrise, son élégance et sa technique.
Victor Chukarin est également couronné du saut de cheval. Le Japonais Takemoto s'adjuge la 2ème place.
Victor Chukarin remporte également le cheval d'arçons.
Victor Chukarin gagne aux barres parallèles devant le Suisse Engster.
Le Suisse Jack Gunthard remporte la barre fixe.
Le Suédois Karl Thoresson s'impose aux exercices au sol devant le Japonais Tadao Uesako.
Tout le monde est d'accord pour admettre que l'apparition des Soviétiques met un terme à la "gym" traditionnelle.
En gymnastique féminine, on assiste également à un déferlement soviétique.
Maria Gorokhovkaya remporte le concours général individuel.
La Hongroise Agnès Keleti, au sol, parvient à ouvrir une brêche dans la suprématie russe.
LUTTE
Les Russes s'attribuent un titre en libre et 5 en gréco-romaine.
En lutte libre, Tsakalamanidze remporte les poids mouche.
En lutte gréco-romaine, Soloviev s'adjuge la première place en poids mouche.
En poids coq, c'est Vyroupaiev qui l'emporte.
C'est ensuite au tour de Kartosia de remporter la lutte chez les poids moyens.
Nikolaev est sacré champion olympiques chez les mi-lourds.
Enfin, Parfenov remporte le titre chez les lourds.
HALTEROPHILIE
Les Soviétiques ont effectué des débuts très remarqués en enlevant trois titres.
En poids coq, Oudodov remporte le titre.
Chez les poids plumes, c'est Tchimichkian qui l'emporte.
Lomakine, est sacré champion olympique chez les mi-lourds.
Mais les Américains demeurent, pour un temps encore, les maîtres en raflant quatre titres. Tommy Kono domine en légers avec 362,500 kg.
Pete George l'emporte chez les moyens.
Schemansky remporte le titre chez les lourds-légers.
John Davies renouvelle son succès de Londres chez les lourds avec 460 kg.
CANOE-KAYAK
En canoë C2, Georges Turlier et Jean Laudet arrachent sur les vagues la médaille d'or du 10 km aux Canadiens Kenneth Lange et Donald Hawgood qu'ils devancent d'une seconde.
Le Suédois Gert Fredriksson enlève son deuxième titre sur 1000 m kayak (K1) après son triomphe à Londres.
ESCRIME
Les fleurettistes français retrouvent leurs traditionnels rivaux italiens. Jehan Buhan, champion olympique de 1948, n'a pas été jugé en assez bonne forme pour disputer la finale. Pour Buhan, c'est une énorme déception ; malgré ses 40 ans, il estime être toujours dans le coup et admet difficilement d'avoir été prévenu au tout dernier moment. Rummel, Christian d'Oriola, Noël et Lataste sont les 4 élus.
Christian d'Oriola foudroie Nastini, 5-0. Mangiarotti connaît la même humiliation ; Pellini est tout heureux de marquer une touche. L'équipe italienne est pulvérisée par un seul homme. Face à Bergamini, d'Oriola va donner le coup de grâce ; il gagne 5-2 et les Français remportent la rencontre par 8 à 6.
24 heures après le triomphe collectif du tournoi de fleuret par équipes, Christian d'Oriola est revenu pour tirer en individuelle. D'Oriola est décontracté, trop peut-être, car d'entrée il se fait contrer par le Hongrois Tilly. Il se reprend pourtant, remporte quatre victoire d'affilée, puis tombe à nouveau devant le modeste Mexicain Ramos qui n'avait encore aucun succès à son actif. D'Oriola se voit ansi contraint de disputer un barrage ! En barrage le voici donc opposé à ses vieilles connaissance italiennes Eduardo Mangiarotti, Nostini et Di Rosa.
Contre Mangiarotti d'abord : c'est une succession de ripostes, de contre-ripostes, délivrées à une cadence stupéfiante. A ce jeu, Mangiarotti, malgré tout son talent, n'est pas le plus fort. Il doit s'incliner, de même que Nostini. Rest Di Rosa. D'Oriola y montre une autre face de son génie : la prudence savamment calculée. Di Rosa prend des risque, attaque. Mais d'Oriola le contre magistralement. Il est champion olympique.
En épée par équipes, l'Italie survole le tournoi.
Individuellement Eduardo Mangiarotti arrache la victoire à son frère Dario.
La Hongrie conserve sa suprématie au sabre individuel. Pál Kovacs succède au vétéran Gerevitch, qui remporte la médaille d'argent.
La formation magyare remporte également le titre par équipes.
La Hongroise Ilona Elek ne s'incline qu'après barrage face à l'Italienne Irène Camber. Ilona Elek est âgée de 42 ans.
NATATION
A la piscine olympique, s'est déroulée la première finale, le 100 m messieurs, pour lequel le Français Aldo Eminente s'est qualifié la veille après avoir dû disputer un barrage pour la 8ème place contre deux Japonais. Précisément dans ce 100 m, le Japon croit à la victoire de Hiroshi Suzuki. Ce dernier n'échouera que de fort peu contre l'Américain Clarke Scholes qui aura compté jusqu'à 2 m d'avance et que ne l'emportera que de quelques centimètres.
Duel dans la piscine olympique, entre les Japonais et les Américains, sur 4x200 m. Les Nippons engagent leurs sprinters. Les Américains leurs nageurs de demi-fond. Hiroshi Suzuki s'assure d'abord un avantage de 3 m sur Wayne Moore en réalisant 2'7", meilleur temps mondial en grand bassin. Hamaguchi porte ensuite l'avance des Asiatiques à 5 m dans le deuxième parcours devant Woolsey. Ford Konno, qui part en troisième position pour les Etats-Unis, reprend un peu de terrain perdu, contre Goto. Quand McLane s'élance à son tour, à la poursuite de Tanikawa, il est à 3 bons mètres du Japonais. En 120 m, McLane réduit son handicap et l'emprte de 4 m, réalisant 2'5"2. Cette passionnante course poursuite, à l'issue de laquelle la France se classe 3ème, permet aux Américains de battre le record olympique en 8'31"1.
Le Japon est immensément déçu.
Jamais un Français n'a encore remporté un titre olympique en natation quand Jean Boiteux prend position sur le plot de départ pour la finale du 400 m.
Jean Boiteux a battu en série le record olympique en 4'33"1. A 19 ans, il possède une décontraction naturelle qui le met à l'abri de l'angoisse.
Alban Minville est l'entraîneur de Boiteux. Il lui indique la tactique suivante : "Je veux que tu passes en 2'12" aux 200 m. A cette allure, tu neutraliseras le Suédois Ostrand et tu fatigueras l'Américain Konno, sans être toi-même éprouvé.
Ton troisième 100 m doit être rapide, c'est là que tu peux distancer Konno et te mettre à l'abri de son finish".
Dès les 50 premiers mètres, la lutte s'est circonscrite entre 3 champions : Boiteux, Konno et Ostrand. Le Français et l'Américains touchent ensemble aux 100 m en 1'2"7. Aux 200 m, Boiteux a effectué son virage avec quelques centimètres d'avance sur Ford Konno : 2'11"8, soit 2/10ème de mieux que le temps prévu par Minville. Per-Olof Ostrand en difficulté est déjà à une longueur. "Et aux 200 m tu attaques...
Boiteux n'a pas oublié les recommandations de son entraîneur. Il accélère insensiblement, mais suffisamment cependant pour lâcher Konno. Le troisième 100 m est couvert en 1'9"9, soit pratiquement au même rythme que les longueurs précédentes.
Nageant haut sur l'eau, en souplesse, Boiteux possède 2,50 m d'avance sur Ford Konno aux 300m. L'écart demeure inchagé aux 350 m. Dernier virage : Boiteux ne faiblit pas, mais Konno, qui a mieux viré que le Français s'est rapproché.
Mais Boiteux a vu que Ford Konno était à ses côtés, presqu'à sa hauteur. Il se livre à fond dans les 15 derniers mètres.
Konno sprinte, mais il ne pourra rejoindre la Français. En 4'30"7, Jean Boiteux est champion olympique. Ford Konno est à 6/10ème.
Un autre Français, Gilbert Bozon tente à son tour l'aventure olympique.
Bozon se bat comme un lion. A mi-parcours du 100 m dos, il possède un léger avantage sur l'Américain d'Hawaï, Yoshi Oyakawa. Mais Bozon, malgré tout son cran, ne peut rien contre le finish de l'Américain. Il sera passé dans les 20 derniers mètres, mais il sauvera cependant la médaille d'argent contre deux autres Américains Jack Taylor et Allen Stack.
Le Japon joue son va-tout dans le 1500 m avec Shiro Hashizume face à l'Américain Ford Konno. Hashizume assure un train rapide que Konno ne cherche pas à soutenir. Aux 1000 m, Konno ne compte plus de 5" de retard. Mais Hashizume soudain faiblit. Aux 1200 m, Konno est à sa hauteur ; il attend sagement les derniers 100 m pour porter l'estocade à son rival épuisé. En 18'30", Konno l'emporte, laissant le Japonais à plus de 11".
Le 200 m brasse revient à l'Australien John Davies.
En natation féminine, c'est la Hongrie qui se distingue.
Katalin Szoke, 17 ans, gagne un 100 m extrêmement serré, en 1'6"8. Ses quatre suivantes seront difficilement départagées ; elles se suivent en 3/10ème.
Le 400 m vaut un doublé à la Hongrie : Valérie Gyenge devance Eva Novak en 5'12"1.
La Hongrie s'impose encore au 4x100 m. Les Hongroises ne se contentent pas d'infliger une sévère défaite aux Américaines ; elles battent le record du monde.
La supériorité hongroise se manifeste encore dans le 200 m brasse où deux styles s'opposent : Eva Szekely nage en papillon, Eva Novak demeure fidèle à la brasse classique. Szekely s'imposera dans la dernière longueur.
Le 100 m dos échappe à l'Europe d'un doigt. La Hollandaise Geertje Wielema a mené toute la course, mais elle est rattrapée dans les ultimes mètres par la Sud-Africaine Joan Harrison qui n'a que 16 ans.
AVIRON
En skiff, le Soviétique Yury Tchukalov fait sensation par sa puissance.
Les Américains dominent en huit comme à leur habitude.
Les Américains remportent également le deux sans barreur.
Les Français nourrissent deux espoirs de médailles.
Les quatre sans barreur arrache la 2ème place derrière la Yougoslavie.
Le deux barré est composé de Raymond Salles, un vétéran de 32 ans, et d'un junior Gaston Mercier. Le jeune Bernard Malivoire, 12 ans, est à la barre.
Les Italiens, favoris de l'épreuve, prennent un départ rapide. En 500 m, ils laissent les Français à une longueur. Mais Salles et Mercier ne s'affolent pas. Ils activent la cadence et aux 1000 m ils reviennent à la hauteur des Italiens qui ne peuvent soutenir le rythme de leurs adversaires. "Ca y est, on les a" hurles Salles.
Mais les Allemands se font menaçants. Salles a raconté ainsi lui-même cette fin d'épreuve pathétique : "C'est au 1700 m que j'ai tout cru perdu. Depuis quelques secondes, je comptais les bouées qui, tous les 25 m, balisaient le bassin. Je voyais comme dans un rêve une médaille ailée voler au-dessus de nous. Soudain une terrible lassitude s'empara de moi ; je me mis à tirer dans le vide, inconsciemment".
Un canon annonce la fin de la course et tire Salles de sa torpeur. Dans une sorte de halo, il voit les Allemands terminer à une longueur.
Ivre de joie et de fatigue, Salles s'écroule au fond du bateau tandis que Mercier demeure assis, immobile, se demandant si les cris de joie qu'il entend, en Français, sont bien ceux de ses camarades et s'ils lui sont bien destinés.
CYCLISME
L'Italien Enzo Sacchi remporte la vitesse.
Dans le kilomètre contre la montre, Andrieux ne termine que 9ème. L'Australien Russel Mockridge se révèle dans cette spécialité.
Mockridge donne à son pays une seconde médaille d'or en tandem où il est associé à Cox.
En poursuite par équipes les Italiens surclassent tous leurs rivaux.
Les Français obtiennent une inattendue 3ème place par équipes.
Dans l'épreuve individuelle sur route, Jacques Anquetil se classe 9ème d'une course enlevée avec panache par les Belges, André Noyelle et Robert Grondelaers.
FOOTBALL
Le football ne pouvait échapper aux Hongrois. Ils battent la Yougoslavie, 2-0.
EQUITATION
En concours complet d'équitation, le lieutenant Guy Lefrant se classe 2ème derrière le Suédois Hans von Blixen-Finecke.
La Suède remporte le titre du concours complet par équipes.
La France remporte une médailles en dressage. André Jousseaume termine 3ème derrière le Suédois Henri St. Cyr.
Dans l'épreuve du jumping, Pierre Jonquères d'Oriola qui monte un magnifique cheval "Ali-Baba", paraît hors de course.
Cependant Jonquères d'Oriola et "Ali-Baba" réussissent à se qualifier pour le barrage qui groupe cinq cavaliers à égalité de pénalité, 8 points. Le Français est le premier à partir dans le silence du stade où 70 000 spectateurs ont pris place. Pour Jonquères d'Oriola, c'est la minute de vérité. Il sollicite doucement Ali-Baba qui passe aisément les deux premiers obstacles ; le troisième est avalé ; le quatrième aussi. Jonquères et Ali-Baba abordent maintenant la rivière du 5 : éfacée sans éclaboussure ; la grande rivière : l'homme et le cheval passent, souverains. Voici la dernière haie : "Hop, passé" s'écrie Jonquères d'Oriola dans un grand éclat de rire dont l'écho se répercute jusqu'aux tribunes, déclenchant du même coup des tempêtes d'acclamations.
Il ne suffit pas cependant que Jonquères d'Oriola ait fait un parcours sans faute pour être sacré champion. Il faut encore que ses quatre rivaux en commettent au moins une...
Le Britannique White s'élance à son tour. Le troisième obstacle est fatal à l'Anglais. Au Chilien Cristi de partir maintenant. Il ne fait pas mieux que White.
L'Allemand Thiedmann entre ensuite en lice. C'est l'adversaire que le Français craint le plus. Mais Thiedmann laisse échaper sa chance dans un grand bruit de bois.
C'est enfin le Brésilien Menezes qui attaque. Dès le troisième obstacle tout est fini. Jonquères d'Oriola est champion olympique.
HOCKEY
Le hockey demeure l'apanage de l'Inde qui remporte sa 5ème victoire consécutive.
BASKET-BALL
Les Etats-Unis sont à nouveau les plus forts, mais d'une manière qui déplaît profondément au public. Les Russes monopolisent le ballon pour limiter les dégâts face aux Américains. Après 10 minutes de jeu le score n'est que de 4-2 pour les Etats-Unis qui, finalement, l'emportent par 36 à 25.
BOXE
Le tournoi de boxe réuni près de 300 concurrents. Il est également marqué par l'apparition de deux nouvelles catégories, celles des super-légers et des super-welters. Les Américains triompheront largement en remportant 5 médailles d'or.
Les experts remarquent surtout le vainqueur de la catégorie des poids moyens, Floyd Patterson, dont le punch, la vitesse et la maîtrise font sensation, notamment en finale face au Roumain Vasili Tita.
Le Hongrois Laszlo Papp combat dans les super-welters. Il l'emporte.
La finale est escamotée chez les lourds. Face à l'impressionnant Américain Edward Sanders qui a gagné tous ses combats avant la limite, le Suédois Ingemar Johansson juge plus prudent d'éviter soigneusement le corps-à-corps.
Il est 19h30 et le soleil brille encore haut au-dessus des gradins du stade quand le président Sigfrid Edstroem monte à la tribune pour prononcer le traditionnel message de clôture.
Les Jeux d'Helsinki dans leur simpliciité et leur somptuosité sportive ont été une grande réussite.